Perversions narcissiques et psychopathies : théories et concepts

"Nouvelle encore, mal connue, parfois mal reçue […] et cependant nécessaire, la notion de perversion narcissique se situe à un carrefour et une extrémité : carrefour entre l'intrapsychique et l'interactif, entre pathologie individuelle et pathologie familiale du narcissisme, et extrémité de la trajectoire incessamment explorée, reprise et précisée entre psychose et perversion." (Paul-Claude Racamier, 1992)

Tous manipulés, tous manipulateurs

Par Jean-Marie Abgrall

Présentation :

La manipulation obéit à des mécanismes bien rodés. Du plus haut sommet de l’État à la manipulation conjugale, ce sont les mêmes. Nombreux exemples à l’appui, l’auteur nous aide à les reconnaître, à les décrypter et les analyser.

Résumé :

« S’il est un spectacle des plus fascinants, c’est celui d’un drosera. En permanence, cette plante carnivore ouvre sa grande bouche ourlée de cils, et dès qu’un insecte imprudent s’y aventure, la bouche voluptueuse se ferme brutalement, happant sa proie, et le drosera s’endort pour digérer son lot de nourriture.
Le citoyen moyen semble appartenir à cette classe spécifique des gobeurs d’information. La bouche largement ouverte devant sa télévision, semi-béat, il enfourne son lot d’informations quotidiennes noyées dans un magma de considérations le plus souvent ineptes, mêlées de publicités sirupeuses et mensongères. Notre société gave quotidiennement ses membres de la nourriture informative spécialement préparée pour eux. Repu de sa pâtée informationnelle, le lecteur-auditeur-téléspectateur peut s’endormir, indifférent au tumulte ambiant et aux doutes que pourrait susciter une information libre. » Jean-Marie Abgrall.
La manipulation obéit à des mécanismes bien rodés. Du plus haut sommet de l’État à la manipulation conjugale, ce sont les mêmes. Nombreux exemples à l’appui, l’auteur nous aide à les reconnaître, à les décrypter et les analyser. Car la prise de conscience est le premier pas vers notre libération.
Après avoir lu Jean-Marie Abgrall, rien ne sera jamais plus comme avant. On se sent à la fois plus fort – « on ne me la fera plus ! » » mais aussi terriblement petit face aux grands manipulateurs qui régissent nos vies.
Un livre salutaire, qui bouleverse notre vision du monde et des relations humaines et sociales.
À lire d’urgence, pour redevenir des hommes libres.

Au sommaire

  • La manipulation
  • La manipulation cognitive
  • La manipulation des affects
  • Famille et manipulation
  • Travail et manipulation
  • Le parfait consommateur
  • Pour le meilleur des mondes
  • Le citoyen marionnette
  • Le révisionnisme historique et la construction des mythes
  • Manipulation et persuasion coercitive
  • Traité de résistance

Caractéristiques de l’ouvrage :

  • Éditeur(s) : First
  • Auteur(s) : Jean-Marie Abgrall
  • ISBN13 : 978-2-87691-743-9
  • EAN13 : 9782876917439
  • ISBN10 : 2-87691-743-2
  • Parution : 11/03/2003
  • Edition : 1ère édition
  • Nb de pages : 372 pages
  • Format : 14,5 x 22,5
  • Couverture : Broché
  • Poids : 515 g
  • Intérieur : Noir et Blanc

Interview tiré du quotidien gratuit Metro (Paris), mercredi 12 fevrier 2003 :

Né en 1950 à Toulon où il réside, Jean-Marie Abgrall, psychiatre, criminologue, expert près les tribunaux et spécialiste de la manipulation mentale, jouit d’une réputation internationale. Ses précédents ouvrages, tous des succés (en particulier La Mécanique des sectes, Payot, 1996, 70 000 exemplaires en librairie + clubs et livre de poche), ont tous été traduits à l’etranger.

Jean-Marie Abgrall, psychiatre de son état, démonte et dénonce, dans son livre Tous manipulés, tous manipulateurs (aux éditions First), les grandes manoeuvres de la manipulation. Son crible est précis, rien ne lui échappe. Les gouvernements aplatisseurs d’infos, les médias empressés à ne rien dire, les familles, les patrons, chacun a ses victimes. Mais consolation, chaque victime peut trouver la parade dans le petit traité de resistance qui accompagne cette très complète analyse des stratégies manipulatoires dont l’auteur non parle.

Vous avez écrit ce livre aujourd’hui, pensez-vous qu’il y avait urgence ?

C’est une réaction citoyenne induite par la prise de conscience du haut degré de manipulation des citoyens par l’ensemble des médias, des forces politiques, économiques et religieuses. Ils ont l’impression d’agir librement en toute connaissance de cause ‘alors qu’ils sont totalement manipulés, conditionnés et orientés vers des décisions.
Cette prise de conscience s’est faite en regardant surtout la situation internationale, comment les grands médias se livraient à une sélection de l’information, à une dissimulation de la vérité et à un remaniement de cette vérité au profit de certaines forces politiques, économiques, sociales.

Le 30 janvier, huit dirigeants européens ont signé une lettre appuyant la politique des Etats-Unis vis-à-vis de l’Irak. A votre avis, y a-t-il eu manipulation ?

Ce n’est pas une manipulation citoyenne, c’est une instrumentalisation de certains pays par un pays extérieur à l’Europe, en l’occurrence les Etats Unis, qui a probablement obtenu ces décisions européennes par des transactions économiques. Cela dépasse l’opinion citoyenne dont les gouvernements se moquent puisque l’on sait, par exemple, que plus de 70% des Anglais et des Espagnols sont contre la guerre en Irak. Il y aurait eu manipulation de l’opinion si des manifestations en faveur des EtatsUnis avaient été suscitées dans chacun de ces pays.
Si ensuite, on amène les populations, par d’autres biais, à adhérer à cette décision, c’est autre chose. Là, on va manipuler les citoyens, on va leur balancer dans les médias, la presse, la télé, des informations qui vont aller dans le sens de cette décision.

George W. Bush se donne quand même beaucoup de mal pour obtenir l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU.

Vous plaissantez. Les Américains n’ont rien à faire de l’ONU. Le peuple américain dans sa grande majorité va suivre George Bush qui ne fait qu’affirmer sa volonté d’intervenir en Irak quelle que soit la décision de l’ONU. Ils passeront outre, ils ont la première armée du monde avec une supériorité numérique, technique, etc. C’est vrai qu’ils vont perdre des plumes mais les intérêts pétroliers sont cent fois à la mesure des « plumes psychologiques » qu’ils vont perdre. Ils ont complètement oublié la leçon du Vietnam. Ils vont se mettre dans un bourbier monstre et la planète avec. Il y a une dimension qui ne doit pas nous échapper : George Bush est un parano, un fou et son entourage également. Ce sont des individus qui n’ont pas à s’abaisser pour avoir la légitimité du peuple, car ils ont la légitimité de Dieu. Ils font toujours référence à Dieu. Ils sont le bras armé de Dieu sur la terre et la légitimité du bas peuple sur lequel ils marchent, ils n’en ont rien à faire.

Que peut-on à cela ?

Il faut avoir une prise de conscience citoyenne, essayer d’avoir accès à l’information directe, décrédibiliser les informations données par les gouvernements via les médias. Elles peuvent être supprimées complètement, c’était le cas pour la guerre du Golfe, ou truquées comme en Roumanie avec le charnier de Timisoara. Récemment, on a pu constater un exemple de manipulation absolument extraordinaire : « Il y a eu dix-huit morts en Afghanistan. » Première information: « C’est un attentat. » Petite information juste après : « Ils ont sauté sur une mine. » Est-ce un attentat ou le dépôt d’une mine ? Admettons que ce soient des saboteur qui aient utilisé une mine. Cela suppose que l’on élimine d’abord l’hypothèse que cette mine a pu être oubliée par les Américains lorsqu’ils ont déminé. C’est pourtant une hypothèse qui peut être parfaitement plausible. Mais, ensuite, on vous octroie une autre information, celle de la CIA, qui déclare: « C’est un attentat que l’on doit attribuer aux taillants, » Or, derrière les talibans, qui y a-t-il ? Ben Laden. Derrière Ben Laden, qu’y a-t-il ? L’Irak. Donc, on est en train de vous dire qu’hier, si dix-huit personnes sont mortes en sautant sur une mine, c’est la faute de Saddam Hussein alors que l’information brute est: dix-huit hommes sont morts en sautant sur une mine, point. Le problème, c’est que je n’ai pas la possibilité de savoir s’ils ont sauté sur une mine, que je ne connais pas l’origine de cette mine, que je ne sais pas qui a déposé la mine, ni si elle a été oubliée ou si c’est volontaire. On est dans une ère de sous-information, de surinformation orientée et de désinformation générale.

Mais il me semble que cette désinformation est de plus en plus apparente pour un grand nombre de citoyens. N’y aurait-il pas là une tolérance envers la manipulation qui serait pire que la manipulation elle-même ?

C’est tout à fait ça. je crois qu’on épuise les gens en les saturant d’informations qu’ils ne peuvent pas vérifier. Au départ, on fait un travail de décodage, d’analyse, de remise en question, et puis comme ce travail est colossal, qu’on n’a pas les moyens financiers ou même mentaux pour le faire, à un moment donné, on abandonne

Comment résister ?

Sur un plan individuel, la résistance se traduit par une véritable paranoïa critique. A aucun moment, il ne fàut se fier à sa vue, à son ouïe, à ses sensations, à son interprétation directe. Vivre dans la paranoïa critique, quand on s’appelle Dali, c’est productif, quand on s’appelle Durand, cela devient de la pathologie. A partir du moment où on vous donne l’heure et que vous n’êtes même pas sûr qu’elle soit j juste, cela finit par vous éprouver psychologiquement. Donc, la plupart du temps, on finit par ne plus s’intéresser à l’heure. On vit en fonction de ses sensations immédiates et c’est là où on se plante. On vire facilement de la paranoïa critique à la paranoïa pathologique. A force de remettre en question tous les systèmes, on ne croit plus à rien, on n’a plus de références.
Le problème est de trouver l’équilibre dans la critique sans que cet équilibre soit totalement préjudiciable à l’acte. Il faut arriver à penser sans pour autant paralyser l’acte. Là, on est dans le zen, dans la pensée absolue, dans le tao, l’équilibre entre le yin et le yang : c’est vraiment arriver à la perfection. Il est évident que ce n’est pas à la portée de tout le monde, mais on peut essayer de progresser. Si vous êtes manipulé trente fois par, jour, vous ne le serez plus que vingt-cinq fois. La lutte contre la manipulation passe aussi bien par la connaissance des phénomènes psychologiques, que par la culture politique, entre autres…

Tout le monde ne peut pas maitriser à la fois l’énergie nucléaire, la photographie, la dynamique des groupes mais, si vous vous intéressez à la politique, apprenez à décoder les propos politiques, à l’écologie, apprenez à décoder le langage à la fois des écolos et des anti-écolos, au sport, apprenez à dépister la simulation du gars qui essaie d’avoir un penalty. On est tous susceptibles d’être manipulés, mais on peut essayer d’identifier la façon dont on l’a été et en tirer les conséquences.

A la fin de votre livre, dans le traité de résistance, vous conseillez d’employer les mêmes armes que les manipulateurs.

Je prends l’exemple du tennis. Il faut faire des échanges avec votre partenaire, c’est-à-dire celui qui vous manipule, pour arriver à identifier son jeu. Quand vous le connaissez, vous avez intégré sa tactique. A ce moment-là, soit il est beaucoup trop fort pour vous et vous vous mettez dans un coin en attendant que cela passe, soit vous essayez de contrer sa tactique en jouant sur la confiance qu’il a dans votre faiblesse. Si dans une famille, vous avez un despote, il faut voir comment il exprime son despotisme. A partir du moment où vous avez intégré la façon dont il vous persécute, il faut rentrer dans son jeu pour éviter que la persécution ne soit trop brutale, le mettre dans des situations où lui-même se piège et détourner ainsi le système à votre profit. Ce n’est pas du tout évident et cela demande une prise de conscience permanente.
Quand vous avez un combat à mener, il est bien évident que, si vous y allez totalement démuni contre quelqu’un qui est armé, vous serez perdant. Il y a deux positions en matière de manipulation ou vous rentrez dans un ermitage et, à ce moment-là, vous vous coupez du monde ou alors vous allez au combat et là, il faut se donner des armes. De toute façon, le manipulateur a un but, exploiter l’autre, donc il ne s’embarrasse pas de morale, d’interrogations métaphysiques ou de complexes.

A des degrés divers, la manipulation existe-t-elle dans toutes les familles ?

Elle est permanente, c’est ce qui permet de maintenir les équilibres, qui ne sont pas fatalement positifs, c’est elle qui permet de gérer les relations en évitant au maximum les conflits ou en organisant des systèmes hiérarchiques au profit d’un des membres de la famille.
Tant que cela n’a pas un effet néfaste sur l’équilibre psychologique des protagonistes, ce n’est pas la peine de s’exciter dessus. On ne peut pas demander aux gens à chaque acte qu’ils commettent ou auquel ils sont soumis dans une famille de s’interroger sur sa valeur et comment il s’est organisé. Dans le cadre de la famille, la manipulation peut être de l’affection pure et simple ou bien avoir pour effet particulier d’obtenir quelque chose.

Dans certains cas, il peut exister une conjonction de manipulateurs. On peut avoir une famille manipulatrice qui exerce son pouvoir au détriment d’un de ses membres. Dans les familles incestueuses, par exemple, où il y a une victime, tous tournent autour de la dynamique de l’inceste, chacun ayant une explication qui vont toutes dans le même sens, à savoir l’inceste doit être maintenu et prorogé. Lorsque l’équilibre est rompu par une intervention extérieure, tous les protagonistes sont obligés de casser le modèle dans lequel ils fonctionnent et d’ en reconstituer de nouveaux.

Vous dites dans votre livre que la manipulation s’exerce plus facilement dans des milieux défavorisés, isolés culturellement.

Démonter la manipulation nécessite une prise de conscience. Cela se fait à partir d’éléments de culture, de connaissance, d’information. Plus vous êtes défavorisé, soit au niveau psychologique, social ou financier, moins vous avez accès à la connaissance, à la culture ou à (analyse, plus vous êtes manipulable. C’est une évidence.

Évidence aussi pour Victor Hugo: « Tant qu’il y aura des opprimés, des exploités, des accablés, des justes qui saignent, des faibles qui pleurent, il faut, citoyens, que la conscience reste armée: »

Propos recueillis par Sophie Chemineau

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