« Mentir est le talent de ceux qui n’en ont pas. » [Marie-Joseph Chénier (1796), Discours sur la calomnie.]

Dans la première partie de cet article[1], nous avons vu à quel point nous étions tous de bien piètres détecteurs de mensonges. Au mieux, et en l’absence d’entrainement spécifique, nous ne parvenons à détecter que 50 % des mensonges auxquels nous sommes quotidiennement exposés, soit un score égal ou légèrement supérieur au hasard. Pour autant, et paradoxalement, une très grande majorité d’entre nous s’imagine être de très bon détecteur de mensonges.

C’est dire notre ignorance, notre crédulité et notre vulnérabilité face aux mensonges (et à la manipulation[2]).

Il existe toutefois une autre forme de mensonge, que l’on qualifie de « pathologique », dont la définition usuelle du mot mensonge, qui sous-tend un propos ou une affirmation contraire à la vérité et un dessein ou une intention de tromper, n’est pas pertinente : il s’agit de la mythomanie. Si, comme nous allons pouvoir nous en rendre compte avec notre exemple, le sujet de la mythomanie est abondamment traité dans les œuvres littéraires et cinématographiques, il est à noter que les recherches psychiatriques s’y rapportant sont relativement rares.

Qu’est-ce donc que la mythomanie, le mensonge pathologique ou la pseudologia fantastica ?

Le terme est né sous la plume Ernest Dupré, aliéniste français de la fin du XIXe, début du XXe siècle. On en trouve la définition dès 1905, puis dans son traité intitulé Pathologie de l’imagination et de l’émotivité publié en 1925, la mythomanie désigne une « tendance constitutionnelle à l’altération de la vérité, à la fabulation, au mensonge et à la création de fables imaginaires ».

Mais contrairement au menteur, le mythomane est inconscient de son mensonge. Il est incapable de faire la différence entre la réalité et les évènements issus de son imagination. Ce qui fait du mythomane, sauf exagération extrême, un « menteur » pathologique particulièrement difficile à confondre, car il ne laisse transparaître aucun indice de tromperie dans ses attitudes et représente de ce fait la « bête noire » des experts en détection de mensonges[3].

D’après l’encyclopédie médicale en ligne www.vulgaris-medical.com, la mythomanie est « un phénomène caractéristique d’une certaine phase du développement de la pensée du jeune enfant, qui raconte comme étant vraies des histoires imaginaires. Ces mensonges ne sont pas intentionnels : l’enfant croit vraiment à ce qu’il raconte. C’est une étape normale du développement de l’enfant. »

Le problème survient lorsque cette étape de la maturité psychique n’a pas été franchie et que cette tendance persiste au-delà de la petite enfance (6-7 ans, l’âge de « raison »). La mythomanie ne devient donc pathologique qu’après cette phase de maturation. Elle révèle alors un désordre psychiatrique plus ou moins grave (névrose, psychose ou état limite) qui se traduit par des troubles du comportement.

Le recours fréquent, voire permanent, aux mensonges est pour le mythomane le seul moyen de fuir une réalité qu’il ne peut accepter ou affronter sans souffrir. Il se donne ainsi l’illusion de changer cette réalité douloureuse. Cette fuite de la vérité traduit généralement un manque de maturité affective et de confiance en soi.

Pour Xavier Fiszbin[4], chercheur à l’Université Libre de Bruxelles, la mythomanie relève d’une triple problématique : celle du rapport à soi ; celle du rapport à la réalité ; et (par sa relative absence), celle du rapport à autrui. Cependant, précise-t-il, parmi les différentes approches psychiatriques[5] de la mythomanie, aucune n’a mentionné ou approfondi la question du rapport aux autres.

Cela laisse présager du fait que la mythomanie est un phénomène qui, tout à la fois, fait peur et fascine. Or, la peur et la fascination étant les deux ferments du fascisme[6], l’étude de la mythomanie revêt donc un caractère prépondérant pour nos sociétés modernes.

En d’autres termes, la mythomanie est le signe d’atteintes narcissiques graves et de modalités de défenses archaïques que l’on retrouve justement dans la perversion narcissique. Paul-Claude Racamier, le découvreur de la perversion narcissique dont on ne rappellera jamais assez qu’elle est une défense de survie psychique agissant sur l’environnement par des « passages à l’acte » (acting out) spécifiques et puissants, précisait à ce propos : « Ce qui compte pour lui [le pervers narcissique] n’est pas d’être ni même d’avoir, c’est de paraître. De là vient ce profond cachet d’inauthenticité (…) qui s’attache à la perversion narcissique. De là viennent également les rapports étroits de la mythomanie, tout comme de l’imposture, avec la perversion narcissique : elle les relie, les chapeaute et les englobe… »[7]

Pour illustrer cela, prenons le cas d’un mythomane dont l’affaire a eu un retentissement d’une ampleur incroyable. Elle a été rendue célèbre et portée à la connaissance du public par tous les médias de l’hexagone à tel point qu’elle a inspiré un roman (2000), plusieurs livres (2001, 2003, etc.), plusieurs documentaires, des pièces de théâtre, des séries télés et un film (2002) : C’est celle de Jean-Claude Romand diagnostiqué pervers narcissique par les experts psychiatriques lors de la procédure judiciaire dont il a fait l’objet.

Il n’est pas le lieu ici de revenir sur cette sordide affaire, d’autant que la biographie de Jean-Claude Romand a été largement explorée et documentée suite à son procès[8]. Cependant, il est à noter que l’aspect « manipulateur » du personnage ne ressort guère ou pas du tout de ces diverses adaptations. Ce qui donne un intérêt à l’étude de ce cas paroxystique de mythomanie dans le cadre de cet article.

Dans le livre qu’ont sorti ensemble les deux psychiatres qui constituaient le troisième et dernier collège d’experts ayant auditionné Jean-Claude Romand, les auteurs évoquent certains aspects de sa personnalité. Lorsqu’ils le questionnaient sur les détails de son affaire, « il esquivait les questions et partait facilement dans des digressions plus ou moins techniques ou philosophiques, et cela avec beaucoup de subtilité. »[9] Adoptant globalement la même attitude qu’il avait eue avec les premiers experts deux ans auparavant. « Dans l’ensemble il s’est positionné en victime. Il n’était pas quelqu’un qui avait commis des actes atroces, mais quelqu’un à qui il était arrivé des choses effroyables. Il parlait de lui et de l’affaire avec une grande froideur affective, plus professionnel, plus externe, plus rationnel, plus technique, plus distancié, plus expert que les experts. »[10]

Ce détachement affectif, cette victimisation, cette distanciation vis-à-vis de la gravité des faits qui lui sont reprochés sont constants chez de tels individus. Une telle attitude a pour conséquence de se déresponsabiliser des actes délictueux commis ou d’en minimiser l’importance et l’impact sur autrui (famille, groupe, institution, société…), mais son but reste bel et bien d’échapper à la souffrance causée par l’épreuve  de la réalité.

Cette fuite laisse transparaître un manque de maturité émotionnelle plus ou moins important, ce qui n’interdit pas la maturité cognitive (mesurée par les tests de QI), comme le démontre les conclusions des psychiatres auteurs du rapport médico-légal de Jean-Claude Romand. Répondant à la première des cinq questions de leur mission d’expertise : « Procéder à l’examen psychiatrique du sujet en vue d’évaluer sa situation en fonction de ses composantes pathologiques éventuelles et des faits qui lui sont reprochés »[11], les deux experts notent : « L’examen psychiatrique concernant Monsieur Jean-Claude Romand met en évidence une pathologie narcissique grave avec mythomanie, froideur affective, investissement massif des apparences au détriment de la profondeur. Cette pathologie narcissique est particulièrement invalidante en ce sens que, corrélativement, elle empêche une prise en compte de la différence entre soi et l’autre, et empêche d’appréhender l’autre dans son originalité et sa différence. Dans l’affaire actuelle et à un certain niveau archaïque de fonctionnement, Jean-Claude Romand ne faisait plus bien la différence entre lui et ses objets d’amour : il faisait partie d’eux et eux de lui dans un système cosmogonique totalisant, indifférencié et clos. À ce niveau d’indifférenciation, il n’y a plus beaucoup de différence entre suicide et homicide. »[12]

La longue anamnèse de Jean-Claude Romand (trois collèges de deux experts psychiatriques se sont penchés sur son cas) fait apparaître une ambiance de secret et de non-dit, en un mot incestuelle, dans lequel il a grandi. (L’incestuel – ou incestualité – est une notion abordée lors d’un précédent article : cf. « Le mystère Freud : Freud Vs Racamier ou l’énigme de la perversion narcissique ». C’est un « vaste continent encore à peine connu » qui permet de prendre en compte cette « immense pathologie du secret, du non-dit, qui, depuis plusieurs décennies maintenant, tente de se faire entendre comme source majeure de troubles psychiques graves »[13].)

Des exemples tels que celui de Jean-Claude Romand en disent long sur la capacité de telles personnalités à exercer une fascination sur leur entourage, à utiliser leur séduction narcissique au service de leurs intérêts et à mystifier leurs proches[14].

Car le jeu du mythomane s’apparente à celui d’un joueur de poker : « il jette une carte et si on lui accorde crédit, il en conclut que c’est vraisemblable et qu’il peut donc continuer. L’instant fécond est donc le moment où l’acceptation de l’autre va donner forme au personnage qu’il n’avait fait que suggérer. »[15]

Cet instant fécond, celui de l’acceptation tacite par autrui de la « valeur » de la carte jetée par le mythomane, est de toute évidence un facteur clef du jeu mythomaniaque qui s’installe entre le menteur pathologique et ceux qui adhérent à ses « mensonges ».

Mais dans quel contexte intervient cette acceptation ?

Pour répondre à cette question, nous devons tenir compte de la triple problématique dont relève la mythomanie telle qu’énoncée supra par Xavier Fiszbin.

Or, et c’est ici que se situe le nœud gordien du problème, existe-t-il une métapsychologie  capable de « rendre compte de processus psychiques dont l’unité (qui ne peut s’apercevoir dans la seule enceinte intrapsychique) s’accomplit entre plusieurs personnes (couple, famille, groupe, société) en vertu d’interactions inconscientes obligées »[16] ?

Autrement dit, pour comprendre la mythomanie et le jeu mythomaniaque qui s’installe entre le mythomane et son « public », nous avons besoin d’outils conceptuels nouveaux qui tiennent compte de la triple problématique évoquée par Xavier Fiszbin. S’il en existe, force est de constater, comme le souligne fort justement Roland Coutanceau dans la vidéo de présentation de son dernier ouvrage collectif sur les troubles de la personnalité, que les formations à ces nouvelles métapsychologies, malgré leur très grande pertinence théorico-pratique, sont inexistantes dans les cursus universitaires.

Cependant, et malgré ces lacunes, peut-on discriminer le menteur du menteur pathologique ?

Dans sa remarquable étude sur « la signification psychopathologique du mensonge », Joseph Gabel souligne bien la différence entre ses deux types de mensonges – ou de menteurs – que sont l’égoïste et l’égocentrique : « l’égoïste se soucie de ses seuls intérêts, l’égoïsme est un phénomène moral ; l’égocentrique se croit le centre du monde, l’égocentrisme est, avant tout, un phénomène logique et ontologique. Avec l’égoïste le dialogue reste possible ; convainquez-le qu’il défend mal ses intérêts bien compris, et il changera d’attitude. Avec l’égocentrique il n’y a pas de dialogue possible car pour le convaincre il faut redresser la distorsion de coordonnées logiques de son existence. L’enfant est égocentrique, car sa maturation n’est pas encore parvenue au stade du dialogue, le malade mental est également souvent égocentrique, car il a perdu secondairement le sens du dialogue, le sens de la rencontre […] »[17] (Cette vue sur la question de la logique interne du mythomane – sa subjectivité – et la construction de son identité – l’ontologie – est également présente dans toutes les approches psychiatriques de cette problématique.)

« J’aimerais enfin [conclut-il], parler d’une curieuse affection dans laquelle le mensonge pathologique apparaît sous une forme en quelque sorte pure : la pseudologie fantastique. La place nosologique exacte de cette affection n’est pas encore déterminée de façon unanime ; certains la considèrent comme une forme clinique de la psychose maniaco-dépressive, alors que d’autres – certains auteurs allemands – y voient une affection de nature schizophrénique. Personnellement je considère cette affection comme une variante de l’hystérie. Le pseudologue c’est quelqu’un qui a perdu la notion des limites entre le vrai et le faux ; c’est souvent un hâbleur, un homme à l’intarissable faconde : ce qui explique que sa parenté avec le syndrome maniaque a pu être soutenue. On n’en trouve pas beaucoup dans les asiles ; on les rencontre dans la vie, dans la presse quotidienne, rarement cependant à la “une”. Dans la vie ce sont souvent des tapeurs, à l’occasion des escrocs ; leur nocivité sociale va rarement au-delà. Ils sont convaincants, car ils sont convaincus ; ils font facilement des dupes. On lit parfois dans la presse que l’on a démasqué le “docteur” Untel qui a exercé la médecine dans telle localité – ou plus souvent dans un hôpital – avec succès et à la satisfaction de la clientèle, mais sans l’ombre d’un diplôme. Autrefois, avant la guerre, le Quartier Latin possédait toute une population flottante de farfelus dont le célèbre Ferdinand Lop a été comme le porte-drapeau. J’ai connu moi-même un psychanalyste qui “analysait” ses clients étant lui-même couché sur un divan ; évidemment le pauvre homme n’a jamais été en analyse didactique ; il a simplement lu des descriptions de séances qu’il a comprises de travers. Il y a aussi les faux gentilshommes ; le psychiatre hollandais Havermans a décrit le cas d’un homme d’origine parfaitement humble qui trouvait son “plaisir” (dans le sens fort du terme) à raconter en société et devant son épouse malade de honte, les hauts faits d’armes de ses ancêtres imaginaires. Ce sont là des caractères hystéroïdes. Chacun d’entre nous trouvera d’autres exemples dans ses souvenirs ou dans ses lectures. »[18]

De telles personnalités sont dominées par une identification artificielle, par le « rôle » qu’il faut jouer ; elles se caractérisent par une régression au stade primitif ou l’enfant lutte contre son égocentrisme qui n’est pas encore dépassé et le besoin de sympathie, le besoin d’aller vers l’autre. Elles sont animées par une « conscience théatrante », pour reprendre l’expression de Racamier, d’où le sentiment que « quelque chose de difficile à saisir, d’indéfinissable, s’interpose entre cette personne et les autres et fait invariablement surgir la question : “Qu’est-ce qui ne va pas ?” »[19] sans pour autant trouver les mots pour le dire ou être en mesure d’identifier le problème si ce n’est d’éprouver un profond cachet d’inauthenticité au contact prolongé avec de tels individus.

En guise de conclusion, nous pouvons comparer deux citations afin de mieux saisir ce que devrait être notre rapport à la réalité et celui que les mythomanes entretiennent avec elle.

La première est tirée d’un ouvrage de l’une des plus grandes philosophes de notre époque moderne dont l’œuvre tout entière a pour problématique de fond le mensonge (essentiellement politique) et le totalitarisme qui s’y rapporte : « La liberté d’opinion est une farce si l’information sur les faits n’est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l’objet du débat. »[20]

La seconde a été rapportée par l’un des psychiatres mandatés pour expertiser Jean-Claude Romand. Lors d’une ultime tentative pour lui faire préciser les circonstances de ses crimes, ce dernier rétorqua à l’expert : « La vérité est dans les cœurs et non pas dans les faits. »[21]

Philippe Vergnes

NB :

En lien avec cet article pour approfondir le sujet, le premier chapitre du mémoire de maîtrise en études littéraires présenté par Mario Touzin offre une synthèse d’ouvrages de référence sur le thème du mensonge et de la mythomanie : Touzin, Mario (2007), « Du mensonge à la mythomanie », Montréal : Université libre du Québec, 109 p.

[1] Cf. « Lie to me : vous mentez ! »

[2] « Manipuler, c’est avant tout mentir. » Abgrall, Jean-Marie (2003), Tous manipulés, tous manipulateurs, Paris : First, 372 p, (p. 11).

[3] Les spécialistes du sujet, évoqués lors de la première partie de cet exposé, ne cite le cas des mythomanes et autres psychopathes que pour mieux évacuer le problème en spécifiant que leurs études ne concernent pas les cas de mensonges pathologiques. Claudine Biland, dans Psychologie du mensonge, consacre un court chapitre au cas des mythomanes en évoquant l’exemple de Jean-Claude Romand, pages 43 à 47 de son essai :

« IL Y A CEUX QUI MENTENT EN PERMANENCE ET, ET C’EST INSUPPORTABLE.

Le mensonge permet tellement d’entrer dans “les représentations de l’autre et de les façonner” que d’aucuns en usent et en abusent au point d’épuiser leur entourage professionnel et/ou personnel. Dès que quelque chose embarrasse ces individus, ils se servent du mensonge afin de se débarrasser de l’importun. Ils savent parfaitement bien qu’en choisissant un argument plutôt qu’un autre leur vis-à-vis ne rétorquera pas : c’est ce que nous appelons dans la vie de tous les jours la mauvaise foi. Les mensonges de ces individus sont en général énormes et/ou judicieusement choisis parce qu’invérifiables ou incontestables… »

[4] Fiszbin, Xavier (2013), « Mythomanie et systémie ».

[5] Rappelons ici que nous pouvons distinguer différentes approches en matière de psychiatrie qui sont : l’approche psychanalytique ; l’approche cognitivo-comportementaliste ; l’approche neurobiologique et enfin l’approche systémique. Bien qu’un découpage ne soit pas représentatif de la complexité du réel et qu’il existe de multiples connexions entre ces différentes approches.

[6] Cf. « “Où est Charlie ?” Le retour du fascisme et du totalitarisme sous le masque de la perversion narcissique. »

[7] Racamier, Paul-Claude (1992), Le génie des origines – Psychanalyse et psychoses, Payot : Paris, 420 p. (p. 292).

[8] Carrère, Emmanuel (2000), L’adversaire, Paris : P.O.L : Paris.

[9] Settelen Daniel et Toutenu Denis (2003), L’affaire Romand : le narcissisme criminel – Approche psychologique, L’Harmattan : Paris, p. 39.

[10] Ibid., p. 39.

[11] Ibid., p. 93.

[12] Ibid., p. 93-94.

[13] Amiel, Paule (2006), « L’incestuel, Paul-Claude Racamier », Revue EMPAN n° 62, introduction à l’article sur l’incestuel de Paul-Claude Racamier in Vocabulaire de psychanalyse groupale et familiale, tome I, p. 147-165, 1998.

[14] La fascination qui se dégageait de la personnalité de Jean-Claude Romand et son habileté à tromper autrui, de même que sa « paradoxalité » (cf. articles sur les paradoxes et l’emprise), ont été soulignées par les auteurs du dernier rapport d’expertise lors de l’instruction juridique de cette affaire : « Le risque de la fascination nous guettait et nous nous sommes rapidement rendu compte de la capacité de Romand à nous “embrouiller” avec ses propos souvent flous et contradictoires. » Toutenu Denis et Settelen Daniel (2003), op. cit., p. 13.

[15] De Mijolla-Mellor, Sophie (2004), « Le crime d’amour propre », Recherches en psychanalyse, n° 2,  p. 41-65. (C’est moi qui souligne.)

[16] Racamier, Paul-Claude (1993), Cortège conceptuel, Apsygée : Condé-sur-Noireau, pp. 65-66.

[17] Gabel, Joseph (1995), Mensonge et maladie mentale, Allia : Paris, 44 p, (pp. 14-15). (C’est moi qui souligne.)

[18] Ibid., pp. 37-39.

[19] Deutsch, Helene (2007), Les « Comme si » et autres textes, Paris : Seuil, 361 p.

[20] Harendt, Anna (1989), La crise de la culture, Paris : Gallimard, 380 p. (collection folio essais). Cette citation est extraite d’un article intitulé « Vérité et politique », parue à l’origine dans The New Yorker en 1967 et reproduite dans l’ouvrage cité p. 303.

[21] Settelen et Toutenu, op. cit., p. 31.

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