« Si je suis ce que je possède et que je perds tout ce que j’ai, qui suis-je ? » [Erich Fromm].

Paroles de psychopathe :

Peu avant la chute de la banque Lehman Brother qui précipita le monde dans la crise qu’il traverse depuis 2008, le président-directeur général Richard Severin Fuld, s’adressa à ses collaborateurs en disant : « On va coincer tous ceux qui ne peuvent plus rembourser, et on va serrer très fort ! (…) ce que je veux, c’est les attraper, leur arracher le cœur et le bouffer avant qu’ils crèvent ! » (7’10’’ de la partie 4/5 du reportage « Fric, krach et gueule de bois : le roman de la crise » diffusé sur France 2 et présenté par Pierre Arditi).Dans le premier volet de ce dossier, nous avons pris connaissance du « mouvement perversif » ou « mouvement pervers narcissique » qui accompagne et syncrétise les agissements pervers de certains manipulateurs. La seconde partie a complété la première en précisant les conditions de fonds (ou personnelles, cf. la « pensée perverse ») et de rencontres (ou situationnelles, cf. « les noyaux pervers ») qui sont indispensables à l’organisation et à la persistance d’un « mouvement perversif ». Quant à la troisième partie, nous avons abordé certains points discriminants du pervers narcissique (archétype et aboutissement du « mouvement perversif ») afin de distinguer le « normal » du « pathologique ».

Cet article se propose d’étudier le concept de pervers narcissique au regard de celui de psychopathe ; terme plus connu du grand public grâce notamment à l’actualité des chroniques nécrologiques, d’un certain cinéma (« Seven », « Le silence des agneaux », « Freddy, les griffes de la nuit », « Saw », « Américan pscyho », « Scream », « Shining », etc.) ou de nombreux épisodes de séries télés à grand succès (« Esprit criminel », « Les experts », « NCIS », « Mentalist », « Dexter », etc.).

Si les notions de « perversion narcissique » et de « pervers narcissique » sont des appellations psychanalytiques récentes (Racamier, 1978, 1980, 1985 ; Heiguer, 1980, 1983, 1987, 1989), celle de « psychopathe » suit l’évolution de la psychiatrie clinique depuis le début du XIXe siècle et nous en trouvons différentes descriptions sous une profusion de dénominations[1].

Qualifié de « manie sans délire » par Philippe Pinel (1801), psychiatre français (1745 – 1826), de « moral insanity » (« folie morale ») par James-Cowles Prichard (1835), médecin ethnologue anglais spécialisé en psychiatrie (1786 – 1848) , de « manie morale : perversion morale des affections sociales » par Isaac Ray (1838), psychiatre américain (1807 – 1881), le terme « psychopathie » fut introduit par un psychiatre philosophe allemand, Julius-Ludwig Koch (1841 – 1908), qui évoqua une « infériorité psychopathique » (1891)… Par la suite, de nombreux chercheurs issus de ces différentes écoles de pensée se sont appropriés certaines de ces idées pour développer leur théorie. Ce qui eut pour conséquence une prolifération de noms qui sèment plus le trouble et la confusion qu’elle n’apporte de réponse à cette problématique. Rappelons toutefois au passage qu’il existe une autre terminologie, très utilisée également en milieu clinique, que nous devons au psychiatre Karl Birnbaum (1878 – 1950) et qui est celle de « sociopathe » (1914).

De nombreuses approches ont été « expérimentée » pour approfondir nos connaissances de la psychopathie, et le développement de sa compréhension, même s’il s’affine de jour en jour, suit d’une manière empirique et heuristique, les progrès réalisés grâce aux évolutions des appareils de mesure permettant de « voir » l’activité biologique et physique de l’humain soumis à différentes tâches ou à diverses contraintes. C’est dans ce cadre-là qu’il faut situer les données actuelles disponibles sur la psychopathie telles que résumées dans les conclusions de la Haute Autorité de Santé (HAS), dans son rapport d’audition publique publié en 2006 et intitulé : Prise en charge de la psychopathie.

Ainsi, comme précisé en conclusion de ce rapport « cette discipline est schématiquement partagée :

  • entre un courant biologisant, hérité du DSM, qui diagnostique des troubles sans lien avec l’histoire du sujet, qui privilégie les thérapies comportementales (qui s’appuient sur les théories de l’apprentissage et du conditionnement) ;
  • et un courant psychodynamique qui reconnaît les apports de la psychanalyse et les utilise pour aborder les soins ainsi que les modalités de ses pratiques et qui envisagent chaque sujet dans son histoire et sa singularité.

Il est probable que les expertises psychiatriques demandées par la justice diffèrent sur le fond en fonction de la formation et de l’orientation du psychiatre. Ce sujet sur les psychopathies, au carrefour du social, du politique, du juridique et du psychiatrique en montre les intrications avec une rare acuité.

La trajectoire du psychopathe est faite d’une « histoire sans passé », sans début et sans fin ; le temps, pour lui, ne présente pas de scansions, il n’a pu s’y inscrire. Il nous est apparu comme un jeu de miroir… C’est une problématique qui dépasse le seul champ de la psychiatrie. Il conviendrait de s’en préoccuper sous peine, nous semble-t-il, de voir s’étendre le terrain de la psychopathie »[2].

Une fois compris que cette vision est en perpétuel mouvement tout en se précisant, nous pouvons tenter de définir cette « pathologie » en l’inscrivant dans le courant psychodynamique de cette discipline. Bien que le courant biologisant soit tout aussi important, elle sera traitée dans un autre cadre tant il est également riche d’enseignements. Seul l’aspect théorique qui aborde « les soins ainsi que les modalités de ses pratiques et qui envisagent chaque sujet dans son histoire et sa singularité » sera donc évoqué dans cet article.

Définitions :

« Forgé à partir des deux souches étymologiques grecques psukhê (signifiant âme) et pathos (signifiant maladie), le mot psychopathie désigne un trouble permanent de la personnalité essentiellement caractérisée par un sévère manque de considération pour autrui découlant d’une absence de sentiment de culpabilité, de remords et d’empathie envers les autres (Hare, 2003). Affichant une apparente normalité en matière de moralité et l’expression émotionnelle, le psychopathe se révèle incapable d’éprouver au plus profond de lui-même des émotions sociales dont entre autres : l’amour, l’empathie, le sentiment de culpabilité, la contrition, la honte et la gêne (Walsh et Wu, 2008). À l’instar d’un androïde programmé pour reproduire le plus fidèlement possible l’expression des sentiments humains, le psychopathe n’a d’humain que la forme. Sérieusement carencé sur le plan émotionnel, le psychopathe parvient, par mimétisme, à exprimer, verbalement ou physiquement, de tels sentiments sans toutefois les ressentir. Pareille dislocation entre la forme et la substance d’un message émotionnel serait, selon bon nombre d’études neurologiques, générée par une connexion défectueuse entre les réseaux cognitifs et émotionnels du cerveau du psychopathe (Scarpa et Raine, 2003: Weibe, 2004) »[3].

« La psychopathie est un trouble (au sens psychiatrique du terme) qui trouve son origine dans une déviation du développement et qui se caractérise par un excès d’agressivité pulsionnelle ainsi que par une incapacité à nouer des relations d’objet (aux autres). La psychopathie est aussi un processus, un jeu interactif continu de facteurs et d’opérations qui progressent ou régressent de façon implicite jusqu’à atteindre le stade final d’une désidentification radicale d’avec l’humain (Frosch, 1983a). Le terme de psychopathie représente à la fois une catégorie – ou classe – diagnostique, et un continuum de perturbations psychologiques, dont l’intensité et la nature sont variables d’un individu à l’autre en termes de traitement »[[4]].

Cette dernière définition met en évidence deux notions essentielles présentes dans la psychopathie : le trouble et le processus. Semblable à la perversion narcissique qui est un mouvement et son aboutissement (cf. partie 1, partie 2 et partie 3 de ce dossier). Aussi, toutes comparaisons dichotomiques apparaissent futiles. Paul-Claude Racamier affirma lui-même sans les préciser que : « des rapports existent sans doute entre perversion narcissique et psychopathie, mais ils sont complexes ».

Le rapport d’audition de la HAS faisant intervenir une trentaine d’intervenants de spécialités diverses propose tout autant de définitions. Il va de soi qu’une telle abondance de descriptions pour un seul et même problème a de quoi en décourager plus d’un. Cependant, « si le signifié « psychopathie » épingle difficilement ce de quoi il voudrait parler par une définition unique, suffisante pour classer dans une nosographie univoque, la clinique révèle toutefois des caractéristiques repérables, génératrices d’axes de questionnement quant à la psychopathologie des  personnes dites psychopathes. Les interrogations qui émergent de la clinique et la psychopathologie dessinent les premiers jalons pour l’abord thérapeutique »[5].

Bien entendu, et pour ne pas gâcher « l’ambiance », il va de soi que chacun des théoriciens ayant inventé son propre concept le différencie des autres par des distinctions qui n’aident pas à une bonne compréhension du problème.

Ainsi, pour revenir à notre match, il est inutile de procéder à une comparaison point par point des similitudes existantes entre le concept de « pervers narcissique » et celui de « psychopathe » : ils sont identiques en tout à l’exception d’un seul aspect qui, aux dires des prosélytes de chaque obédience, permettrait de les spécifier. Aussi, par commodité, il serait opportun d’examiner ce facteur discriminant afin de le valider, ou de le rejeter. Une telle distinction ne se base que sur l’impulsivité et le psychopathe est « supposé » être plus impulsif que le pervers narcissique.

L’impulsivité se définit en psychologie comme étant une « disposition à agir par impulsion, due à une insuffisance constitutionnelle ou acquise des fonctions d’inhibition et de contrôle »[6]. Autrement dit, l’impulsivité du psychopathe se caractérise par une faible inhibition et des pertes de contrôle qui favorise le passage à l’acte (ou « l’agir » décrit par Paul-Claude Racamier). Ce que les victimologies nomment la « clinique du passage à l’acte » étudiant l’agressivité du sujet évalué. Étant donné les apports importants de cette discipline à part entière, c’est désormais chez elle que nous puiserons les explications les plus « fouillées » nous permettant de comprendre cette agressivité chez les psychopathes et les pervers narcissiques et voir en quoi celle-ci diffère chez l’un ou l’autre de ces deux acteurs.

Ce point est d’autant plus important que « l’intolérance à la frustration et l’imminence du passage à l’acte auto – ou hétéro – agressif restent cependant deux maîtres symptômes de tout comportement psychopathique »[7].

Ce qui est confirmé par de nombreux spécialistes se ralliant à l’avis de Jean-Pierre Chartier, psychanalyste spécialisé dans la prise en charge des adolescents violents : « L’agir compulsif et protecteur pour leur psyché apparaît bien comme le symptôme cardinal de ces pathologies…  L’agir atteste donc de la présence persistante chez le psychopathe d’une homéostasie mentale archaïque, basée sur la décharge de toute tension psychique par « la voie motrice » (Freud, 1956) et révélatrice de la faillite des processus de symbolisation chez lui. »[8]

L’agressivité[9] :

Depuis Konrad Lornez (1903 – 1989) et son traité sur L’agression, une histoire naturelle du mal généralisant le concept anthropologique de « bouc émissaire »[10], les études portant sur cet instinct[11] ont dégagé une typologie consensuelle des comportements agressifs qui peuvent « revêtir des formes très diverses allant de l’homicide à la simple remarque sarcastique… Arnold Buss (1961) a défini trois dimensions caractérisant l’agression : 1) physique-verbale – l’agression est exprimée par des gestes ou des paroles ; 2) active-passive (elle correspond à une action positive que l’individu omet volontairement de réaliser) ; 3) directe-indirecte (la victime est physiquement présente ou absente). La combinaison de ces trois dimensions permet de définir 8 types d’agression différents »[12].

Outre cette typologie de l’agression, de nombreux auteurs ont pu en déterminer deux principales modalités selon que les actes agressifs soient provoqués ou non. Ceci inclut la prise en compte du facteur intentionnel dans l’évaluation de la psychopathie. Dans le cas d’actes agressifs non provoqués, l’agression sera dîtes proactive et relève du domaine de la prédation, et lors d’actes agressifs répondant à une provocation, l’agression sera dîtes réactive et aura une fonction de préservation.

Précédemment à cette désignation (proactive ou réactive), Erich Fromm, dans son traité sur La passion de détruire : Anatomie de la destructivité humaine, avait également identifié deux types d’agression, l’une qu’il qualifia de « maligne » (proactive) et l’autre de « bénigne » (réactive). J. Reid Meloy, déjà cité, parle d’agressivité prédatrice (proactive) et d’agressivité affective (réactive) qui, selon lui, « empruntent des chemins neuroanatomiques distincts et sont contrôlées par des ensembles de neurotransmetteurs différents »[13].

Subséquemment, lorsqu’un conflit s’origine dans l’agression proactive, il se perpétue grâce à l’agression réactive et lorsque la situation conflictuelle tend à s’enkyster, notamment lors des « conflits larvés », son origine n’est plus déterminable. Elle est pourtant déterminante en matière de droit qui, pour qu’un crime, un délit ou une infraction soit reconnu, a besoin de connaître la préméditation de l’acte agressif, c’est-à-dire, « l’intention » formée avant l’action.

C’est une nécessité pour que le droit des victimes d’agressions soit respecté, mais en raison de la « perte » de l’intention originaire dans le processus conflictuel, la justice, dans le doute, préfèrera « renvoyer chacun à ses chères études » en prononçant un jugement 50/50, infligeant par là une survictimisation dû à la non reconnaissance des outrages subit par la « proie » lors d’une agression proactive créant ainsi une injustice que l’on peut qualifier de « double peine ». La gravité de cette « double-peine » réside dans le sentiment d’iniquité qu’elle génère et l’envie qu’elle déclenche de se faire justice soi-même.

Le déni social de ce type de situation peut se concevoir quant à lui comme une « triple peine » en rappelant à l’agressé que « bouc émissaire » il est, « bouc émissaire » il doit rester. D’où une nouvelle maltraitance renforçant les sentiments d’angoisse et d’insécurité que l’on rencontre chez les victimes d’agression proactive.

Par ailleurs, là où les choses tendent à gravement se compliquer, c’est le fait que l’agression proactive peut-être plus ou moins consciente ou inconsciente[14]. Il arrive parfois que l’agresseur passant à l’acte de façon proactive soit totalement inconscient de sa propre agressivité qu’il n’aura alors de cesse de reporter sur « l’autre » réagissant alors sur un mode ambivalent proactif/réactif et justifiant par là ses propres comportements agressifs à celui qui aura « commis l’outrage » de le renvoyer à son agression originelle déclencheur du processus (ou du « mouvement perversif », cf. partie 1). Ce canevas d’enchevêtrement interrelationnel est à l’origine de nombreux conflits dans les échanges interindividuels ou intergroupes, mais à l’origine de ces conflits, il y a un ou des individus qui dénient avoir commis un acte agressif proactif et c’est bien à ce niveau là que nous pouvons discerner le normal du pathologique. D’où l’importance des apports de la théorie du pervers narcissique telle que survolée dans les premières parties de ce dossier à laquelle les études sur la psychopathie offrent un parfait complément.

Il va de soit qu’agressivité et violence ont des rapports contingents très étroitement liés. Mais ici encore des nuances subtiles sont à apporter, car si toutes violences supposent un comportement agressif, toutes les agressions ne sont pas nécessairement des violences bien qu’une grande confusion règne à ce propos y compris dans nos textes de loi. Yves Prigent, neuropsychiatre spécialisé dans l’étude de la dépression et des suicides, auteur d’une importante étude sur La cruauté ordinaire, où est le mal ?, effectue très bien cette distinction-là[15].

Quid de notre match pervers narcissiques Vs psychopathes et en quoi diffèrent-ils vis-à-vis des éléments exposés ci-dessus ?

Cette différence est uniquement contextuelle, c’est-à-dire que la notion de psychopathie a principalement été étudiée dans le cadre des obligations de soin prononcées par des tribunaux en matière pénale et la perversion narcissique a été découverte grâce aux recherches effectuées en thérapie des groupes et des familles.

En résumé, un pervers narcissique est un psychopathe qui ne s’est pas fait prendre la main dans le sac.

Cependant, la recherche psychiatrique distingue désormais ce qu’elle nomme les psychopathes « successful » (ou psychopathie primaire, « nos » pervers narcissiques) des psychopathes « unsuccessful » (ou psychopathie secondaire, un peu moins « rusé » que les premiers puisqu’ils se font prendre en raison… de leur « impulsivité »).

Il manque à cet article des références à Robert Hare, considéré comme l’un des plus grands spécialistes mondiaux de la psychopathie, mais ses travaux sont ceux qui ont été les plus exposés dans toute la littérature[16]. Il m’est apparu utile de montrer qu’il n’était pas le seul à s’intéresser à cette problématique qui, dans la réalité du monde d’aujourd’hui, nous concerne tous de par la place qu’occupe les psychopathes « successful » dans notre société (cf. l’article de Gérard Ouimet, « Le criminel en col blanc : un renard bien cravaché »).

Par ailleurs, Robert Hare qui a passé plus de 30 ans à étudier les psychopathes dans les quartiers de haute sécurité des prisons canadiennes confesse au réalisateur Ian Walker pour les besoins de l’excellent reportage qu’il réalisa sur Sam Waknin, intitulé : « Je suis un psychopathe », qu’il aurait dû consacrer la moitié de ses recherches aux psychopathes qui réussissent, ceux que l’on croise à la bourse (cf. à partir de 3’00 » de la vidéo en lien). Ce reportage remarquable nous permet de « rentrer dans la peau » d’un psychopathe atteint de psychopathie primaire (à 1:20’10 » « l’origine » du conflit quotidien qu’entretenait Sam Waknin envers Ian Walker).

Alors pour conclure, psychopathe ou pervers narcissique[17] ???

Pour la HAS[18], le terme préconisé est celui « d’organisation de la personnalité à expression psychopathique » (qui donne l’acronyme OPEP), ou celui plus communément admis « personnalité limite à expression psychopathique ». Mais si l’on tient compte de l’historique des études portant sur ce trouble de la personnalité, il faut croire que tant qu’il ne nous apparaîtra pas plus « clairement », sa dénomination évoluera encore. Cependant, ce n’est pas parce que le « signifiant » psychopathe, ou pervers narcissique, soulève l’indignation de par la stigmatisation qu’il induit,  que le « signifié » (dans son mouvement et le trouble qu’il génère) n’est pas valide et doit être ignoré ou, plus grave encore, nié.

Philippe Vergnes

[1] Rapport d’audition publique de la Haute Autorité de Santé : « Prise en charge de la psychopathie », introduction de Jean-Louis Senon, page 9 à 13.

[2] Ibid., conclusion, p. 163.

[3] Gérard Ouimet, « Criminel en col blanc de grande envergure : un renard bien cravaté », 2010, HEC Montréal.

[4] J. Reid Meloy, « Les psychopathes, essai de psychopathologie dynamique », p. 21.

[5] Rapport d’audition publique de la HAS, op. cit., p. 141.

[6] Stéphane Mouchabac, « Comportements impulsifs, agressivité et oxyde nitrique », revue « Neuropsychiatrie : tendances et débats », 2009

[7]  Bruno Gravier, psychiatre pénitentiaire vaudois, Rapport d’audition publique de la HAS, op. cit., p. 120.

[8] Jean-Pierre Charetier, « Psychopathes ou pervers : le faux débat », Le journal des psychologues, octobre 2003, p. 2 et 3

[9] Les études sur l’agressivité ont  été au centre des recherches d’Henri Laborit, déjà cité dans ce dossier, qui dirigea la revue Agressologie de 1958 à 1983.

[10] Déjà cité dans la troisième partie de ce dossier (cf. Les travaux de René Girard).

[11] A noter que cet instinct est régi par le système limbique de notre cerveau et plus particulièrement par la partie que l’on nomme le cerveau primitif, archaïque ou primaire dit aussi « cerveau reptilien ». Ce que nous aborderons prochainement dans un article consacré aux techniques de manipulations modernes.

[12] Laurent Bègues, L’agression humaine, Paris : Dunod/Les Topos +, 2010, p. 9.

[13] J. Reid Meloy, Les psychopathes, essai de psychopathologie dynamique, Paris : Frizon-Roche, 2000, p. 170.

[14] Dans son traité médico-philosophique sur l’aliénation mentale (1801), Philippe Pinel suggérait déjà, sur la base de ses observations cliniques d’une remarquable perspicacité, que les comportements impulsifs peuvent être indépendants de la volonté. A propos de la « manie sans délire », il écrit : « Elle est continue, ou marquée par des accès périodiques. Nulle altération sensible dans les fonctions de l’entendement, la perception, le jugement, l’imagination, la mémoire, etc. : mais la perversion dans les fonctions affectives, impulsion aveugle à des actes de violence, ou même d’une fureur sanguinaire, sans qu’on puisse assigner aucune idée dominante, aucune illusion de l’imagination qui soit la cause déterminante de ce funeste penchant ». Il rajoute que certains sujets impulsifs sont pénalisés dans la réalisation d’objectifs ou de travaux quotidiens, introduisant ainsi une notion de déficit cognitif (cité par Stéphane Mouchabac, « Comportements impulsifs, agressivité et oxyde nitrique », revue « Neuropsychiatrie : tendances et débats », 2009).

[15] Yves Prigent, « Le destin des victimes de cruauté à l’issu des séparations “sauvages” », Imaginaire & Inconscient, 2005/1 no 15, p. 209-214.

[16] Article de Robert Balcon paru sur Agoravox le 2 janvier 2008 : « Portrait robot du psychopathe ».

[17] Pour des explications plus approfondies sur les différences que l’on peut faire entre le psychopathe et la perversion, lire notamment, Jean-Pierre Chartier, « Psychopathe ou pervers, le faux débat », Le journal des psychologues, octobre 2003.

[18] Recommandation de la commission de la HAS, mai 2006.

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